Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /Juil /2009 15:28

Africultures

 

Au Maroc, le mouvement Nayda traduit un renouveau artistique libertaire, pluriel, indépendant, en bute contre les conservatismes. Une bouffée d’air pour la jeunesse marocaine.

 

En darija, l’arabe dialectal employé au Maroc, on l’appelle Nayda. Traduisez : « debout, réveillez-vous ou encore est ce que ça bouge ? ». A l’origine, utilisé par la scène musicale rock et rap, à l’adresse du public, Nayda désigne le mouvement culturel urbain, alternatif, porteur d’un souffle libertaire et contestataire, qui traverse depuis quelques années la musique, les arts visuels, les arts graphiques ou encore la mode au Maroc. Un mouvement qui bouscule les codes d’une société conservatrice.


Tandis que Mohammed VI fête ses dix années de règne, le mouvement Nayda, qui prend racine à la fin des années 90 pour émerger en 2003, s’exprime dans une certaine mesure grâce à l’ouverture du nouveau régime. Il se fait résistant face à la montée de l’idéologie islamiste, quand il n’est pas subtilement encouragé ou contenu par le pouvoir selon l’air du temps. A défaut d’emprunter les chemins de la Movida, qui avait contribué à moderniser et ancrer l’Espagne dans la démocratie, Nayda est une bouffée d’air salutaire pour la jeunesse marocaine.


Sur les paroles des rappeurs Don Bigg alias Al Khaser, Casa Crew ou H Kayne, jeunes et moins jeunes, garçons et filles, scandent en darija leur dégoût de la politique, de la corruption et de la misère et aspirent à se prendre en main. Quand la langue de la rue, que les élites arabophones taxent volontiers de vulgaire, devient porte étendard des maux du quotidien.


« Chanter en darija était la chose la plus naturelle et la plus sensée à faire vu l’analphabétisme dont souffre le pays et surtout la liberté qu’offre cette langue », explique Don Bigg, l’un des pionniers du rap marocain. Lui refuse de se voir accolé l’étiquette Nayda. Il n’empêche. En commun avec les autres rappeurs et les artistes de la scène rock, fusion, ragga, Don Bigg, 26 ans, issu des Roches Noires, un quartier moyen de Casablanca, s’est fait tout seul, dans un pays où l’industrie musicale est quasi-absente en raison du piratage. Sans soutien non plus du ministère de la culture.

Qualifié d’osé, son premier album solo en 2006 « Mgharba Tal Moute » eut un succès retentissant : pauvreté, hypocrisie, contradictions de la société marocaine, abus de pouvoir, patriotisme, le style est percutant.


Côté rock-fusion, les Hoba Hoba Spirit, formation de cinq musiciens, tiennent le haut du pavé. Sous la houlette de Reda Allali, journaliste à Tel Quel, magazine francophone indépendant et progressiste, les Hoba Hoba Spirit, entre humour et grincements de dents, racontent depuis une dizaine d’années le quotidien des Marocains, dénonçant les travers de la société.

« Notre public est assez éclectique, bilingue, de tous milieux sociaux, on trouve des jeunes, des parents plus âgés, des jeunes filles voilées, d’autres non (…) Dans nos textes, on mélange la darija, le français, l’anglais. La fusion, ce mélange de cultures, on est né dedans. On entend que la darija est la langue de la rue, comme si en France on chantait dans la langue de Molière, comme si chez nous on chantait en arabe classique. Quand tu adaptes trop la culture arabe au pays tu es coincé. Il y a des choses que tu ne peux pas exprimer », explique Adil Hanine, batteur du groupe.

Passer d’un statut de sujet à celui de citoyen

 

Nayda favorise t-il l’émergence d’une nouvelle citoyenneté ? Avec « Penses ! », son single sorti en 2007, le groupe de reggae Ganga Vibes appelle à la vigilance et l’esprit critique. Anciens étudiants des Beaux-Arts, les musiciens de Darga (cactus en marocain), se définissent eux-mêmes comme des agitateurs provocateurs. Sur un mode reggae-gnawi-funk-rock, Darga chante la révolte de la jeunesse, le chômage, le pouvoir de l’argent.


Pour Dominique Caubet, sociolinguiste à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), spécialiste de la darija et co-auteur avec Farida 
Benlyazid du film documentaire Casanayda, 2002-2003 est une époque charnière, pour expliquer l’émergence de ce mouvement.

Le contexte, c’est celui du score significatif obtenu par le parti islamiste PJD (Parti de la Justice et du Développement) aux élections législatives de 2002, l’arrestation quelques mois plus tard de 14 musiciens de la scène rock métal accusés de satanisme, puis le choc des attentats terroristes en mai 2003 à Casablanca. Ras le bol et stupeur vont se succéder.

Une certaine frange de la jeunesse marocaine réalise qu’elle n’est pas seule, qu’en se mobilisant on peut changer les choses de l’intérieur.

« Nayda c’est aussi l’acceptation de la pluralité, l’indépendance, la volonté de se prendre en charge, ne rien attendre des autorités, c’est revendiquer l’emploi de la darija, contrepoids à la doctrine officielle. C’est passer d’un statut de sujet à celui de citoyen (…) Nayda, c’est aussi l’attachement au pays, la réconciliation avec le passé. C’est redéfinir ce que signifie être marocain », explique Dominique Caubet.

Des lieux d’expression : L’Boulevard et les Abattoirs

 

Symbole et porteur du mouvement Nayda, la tenue régulière, depuis une dizaine d’années, du Boulevard, festival des musiques urbaines, qui a contribué à lancer les meilleurs groupes marocains, tient du miracle. Programmé chaque année au mois de juin, il fonctionne avec pas ou peu de moyens, mais une équipe de bénévoles imaginatifs et solidaires. Indispensable Boulevard. Avant 2006 et la libéralisation des ondes au Maroc, aucun titre de la nouvelle scène ne passait sur les radios privées. « A l’époque, les groupes qui gagnaient le Boulevard des Jeunes musiciens étaient programmés au festival d’Essaouira (…) Cela faisait rêver », rappelle Adil Hanine.


Outre L’Boulevard, la notoriété s’acquiert via Internet. Le réseau social Facebook fait un tabac. Entre les cyber-cafés et les lignes partagées, on estime à plus de 6 millions le nombre d’internautes marocains sur une population de près de 31 millions d’habitants.


Créé en 1999 par Mohamed Merhari, rapidement rejoint par Hicham Bahou, L’Boulevard a vu son public grossir d’année en année, pour atteindre plusieurs dizaines de milliers de spectateurs. Devenu incontournable, L’Boulevard longtemps ignoré voire méprisé par les autorités marocaines a reçu en juin 2009 un petit coup de pouce…du roi lui-même. Un chèque royal de 2 millions de dirhams (environ 200 000 euros) qui permet d’effacer les dettes et lancer le « Boultek », laboratoire de musiques actuelles visant à encourager la création et la formation. Hautement symbolique, le geste du roi atteste de la légitimité acquise par le festival. On est loin de la diabolisation conduite par les courants islamistes et conservateurs. « Pour ces derniers, L’Boulevard est un repère de drogués et d’homosexuels», atteste un observateur.


En 2009, L’Boulevard s’est tenu pour la première fois aux Abattoirs, une friche industrielle reconvertie en fabrique culturelle dans un quartier populaire de Casablanca. A la manœuvre, l’association CasaMémoire qui tente de sauvegarder et réhabiliter le patrimoine architectural de la ville. 

Après avoir organisé les Transculturelles, festival des cultures urbaines représentées par les arts plastiques, la photo, le théâtre, la musique, l’architecture, la vidéo, la danse contemporaine, le hip hop ou encore le skate, les Abattoirs multiplient les re ndez-vous avec succès. Un lieu de découverte originale, gratuit, sans snobisme qu’investit un public mixte extrêmement mélangé socialement. « Pour les Transculturelles, près de 20 000 personnes sont venues en deux jours (…) On a vu des enfants des quartiers populaires avoisinants s’approprier, jouer avec les œuvres installées. Les filles étaient également très présentes», se réjouit Dominique Caubet.

« Dans la Nayda, l’élite n’est pas leader. Ce sont les enfants du peuple ou de la classe moyenne. Eux ne sont pas des intellectuels, ils disposent plutôt d’un savoir technique ou artistique. Ce qui explique pourquoi l’image est très présente dans ce   mouvement culturel », indique la sociolinguiste.

 
Un cinéma plus réaliste

 

Côté cinéma, le renouveau s’installe également. Des films comme Marock de Leïla Marrakchi, l’Os de Fer d’Hicham Lasri ou Casanegra de Noureddine Lakhmari témoignent de la volonté de rompre avec le discours et les représentations traditionnelles du cinéma marocain, trop conventionnel et éloigné des réalités.

Tourné dans le centre Art Déco de Casablanca, Casanegra a remporté un succès sans précédant pour un film marocain. Il met en scène deux jeunes chômeurs, paumés, d’une vingtaine d’années, qui vivent d’expédients et de petites combines, portant l’énergie bouillonnante du désespoir. Exclus du boom économique, colère, violence physique et verbale langage cru et populaire, alcool, drogue, sexe : avec ce film, Noureddine Lakhmari fait sauter pas mal de verrous.


Pour Hicham Lasri, qui a réalisé trois longs métrages (Tiphinar, L’os de Fer, Le peuple de l’horloge) avec la Film Industry, expérience de production cinématographique portée par le réalisateur Nabil Ayouch, « faire du cinéma c’est parler vrai aux gens, qu’ils puissent s’identifier ». D’où l’importance du travail de recherche sur les langues, d’où la nécessité de transposer les scénarios en darija et en berbère. Stimulé par des influences diverses, du western spaghetti à Mad Max, en passant par la musique, Hicham Lasri, 32 ans, est un autodidacte prolifique, tour à tour cinéaste, scénariste, écrivain, poète. « Il y a une dimension ethnographique dans mes films. Mais ce n’est pas une façon d’être engagé. Il est très compliqué de lutter contre l’establishment (…) Je préfère être dans la création, dans une démarche esthétique. C’est l’histoire d’un point de vue. On reproche beaucoup au Maroc d’être trop noir ou trop blanc. Je propose quelque chose de caustique, sans naturalisme », explique t-il.


Dans un autre registre, la mode aussi s’affranchit des codes. Hmar ou Bikheer ! (Bourrique et fier de l’être), c’est le slogan d’une marque de tee-shirts développée avec succès par Amine Benchiouich, Achraf Kouhen et Mohamed Smyej, agacés par le conformisme ambiant. Le concept ? L’humour pour faire accepter ce que l’on est, dans un environnement social pyramidal trop écrasant.

Récupération ?

 

« Nayda veut dire quelque chose dans un Maroc dispersé. Mais elle n’a pas tout emporté, elle n’a pas bouleversé la société. Hors des grandes villes, les gens s’en moquent», tempère le réalisateur Hicham Lasri. Si pour beaucoup d’artistes marocains de la nouvelle vague, Nayda traduit cette explosion d’énergies, d’autres craignent la récupération marketing ou politique. La frontière entre l’attachement au pays et l’ambition de changer les choses de l’intérieur véhiculé par Nayda, et un nationalisme douteux est parfois mince. « Le rap patriotique, nationaliste dans lequel versent certains groupes aujourd’hui comme Fnaïre ce n’est pas l’esprit Nayda (…) C’est une aberration», convient un artiste.

Côté pub, on a flairé le bon filon. Les rappeurs Don Bigg et H-Kayne, notamment, se prêtent au jeu en négociant leur image auprès d’opérateurs télécoms. Logique évolution sans doute d’artistes qui souhaitent vivre de leur production. Ce qui fait déjà regretter à certains une époque plus underground.

Samedi 30 mai 2009 6 30 /05 /Mai /2009 00:43

L’est du Maroc souffre, économiquement, de la fermeture avec l’Algérie. En sont aussi victimes, les familles séparées, pour qui se réunir est un véritablement parcours du combattant. Les produits algériens bon marché, eux, passent clandestinement sans guère de problèmes.


"Le plus dur avec cette frontière fermée, c’est le coût humain, souligne Driss Houat, député et président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la ville d’Oujda, capitale de la région de l’Oriental, au nord-est du Maroc. Les familles, les amis sont séparés, les jeunes générations perdent le contact."
La frontière en question est celle qui sépare l’ouest de l’Algérie et l’est du Maroc. Entre Oujda, la Marocaine, et Lalla Maghnia, l’Algérienne, deux villes distantes d’une trentaine de kilomètres à peine, près de la côte méditerranéenne, cela fait quinze ans que les désaccords diplomatiques empêchent de circuler librement.

Un trousseau de clés à la main, Fathia, la cinquantaine, responsable du stock d’une usine à Oujda, se désole : "Voilà six ans que je n’ai pas vu mes deux tantes âgées, installées à Oran et Alger. On se parle par téléphone. Pour y aller, il faudrait passer par Casablanca, puis prendre l’avion pour Oran. C’est long et trop cher. Un jour, une de mes tantes a tenté de passer clandestinement. Elle a fait demi-tour lorsqu’elle est tombée nez à nez avec un soldat. J’ai peur de ne pas les revoir avant qu’elles disparaissent", confie Fathia, le regard perdu.

"Ici tout le monde a de la famille de l’autre côté, des grands parents, des frères, des cousins. Et tous souhaitent que la frontière s’ouvre. Les gens sont les mêmes, ont le même tempérament, le même langage, le même accent, les mêmes traditions. Économiquement, les deux pays ont tout à gagner à s’ouvrir", estime Rachid, chef d’agence de la société française SQLI à Oujda, lui-même né en Algérie.

Pain et médicaments

Certains prennent malgré tout des risques. Naïma, mère de deux adolescents, dont le père vit à Alger, passe outre la crainte de se voir arrêter ou tirer dessus par les militaires et franchit la frontière à travers champs. "Tous les ans, nous partons en Algérie une vingtaine de jours. Je donne 3 000 dirhams (près de 270 €, Ndlr) à un passeur pour traverser, généralement tôt le matin, en voiture", raconte-t-elle.

Les passeurs ne manquent pas dans les parages. Il suffit de payer et ne pas omettre de rémunérer les gardes marocains, sans leur adresser la parole. Venant d’Algérie, quelques minutes suffisent pour traverser le filet d’eau séparant les deux pays. Près du site balnéaire de Saidia, au nord ; à Ahfir, au centre ; ou plus au sud, du côté de Oujda et même dans les villages avoisinants, les Algériens des frontières se promènent allègrement et se sentent comme chez eux. "En été, je passe mes soirées à Saidia et je rentre au petit matin", raconte Salim, venu de Marsat Ben M’hidi, sur la côte algérienne. Pour lui, "les frontières n’existent que dans les têtes de ceux qui les ont érigées. Même s’ils édifient le mur de Berlin ici, nous le traverserons. Ils ne vont pas nous emprisonner quand même !"

Même les baguettes de pain passent quotidiennement de Maghnia à Oujda, où un marché appelé Souk El Fellah (marché du paysan) propose exclusivement des produits algériens. Ce nom désigne les anciennes grandes surfaces algériennes ouvertes du temps du socialisme. Les produits soutenus par le Trésor public voisin font fureur au Maroc, par ces temps de crise. A Ahfir, nous croisons un Casablancais venu avec une tonne d’ordonnances, à la recherche de médicaments, surtout ceux destinés aux malades chroniques et non pris en charge par la sécurité sociale marocaine, mais largement subventionnés en Algérie. La ventoline (pour les asthmatiques), par exemple, coûte dix fois plus cher au Maroc qu’en Algérie.

À une quinzaine de kilomètres de la ville d’Oujda, le poste frontière est pourtant bien gardé : un barrage, des hommes en uniforme, un panneau qui signale une interdiction de photographier. Mais il en est autrement des champs avoisinants, par lesquels transitent les produits de contrebande. Celle-ci emploierait près de 6 000 personnes, selon les milieux d’affaires. En tête des produits vendus sur le marché parallèle au Maroc : l’essence algérienne deux fois moins chère, les dattes, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des produits de beauté, mais aussi des médicaments.

L’Algérie, pas prête

Certains ont fait d’autres choix. Mahdjoub, par exemple, un maçon originaire de Oujda, habite une baraque dans l’un des bidonvilles qui ceinturent Oran où il travaille clandestinement depuis quinze ans. Il fait de temps à autre la traversée "juste pour donner de l’argent à ma famille". Nombreux sont les Marocains qui se sont installés clandestinement en Algérie où leur savoir-faire dans le bâtiment est très recherché.

Selon le président de la Chambre de commerce d’Oujda, l’ouverture de la frontière permettrait aux petites et moyennes entreprises d’échanger davantage et de développer les services. De faire repartir le tourisme également, au moment où le réseau routier s’améliore. Dans la ville d’Oujda, de nombreux hôtels construits à l’époque où les Algériens venaient encore en villégiature sont laissés à l’abandon. Dans la région, le tissu industriel reste peu développé. Les matériaux de construction, l’agro-alimentaire et la pêche sauvent l’essentiel de l’activité économique, après la fermeture, dans les années 1980, des mines de fer. Parallèlement, l’informel et les trafics se sont développés. "Avant, les Algériens arrivaient par voitures, par train, par bus, par taxi, explique Ouahid, un Oujdi. Oujda vivait et respirait. Aujourd’hui, la ville est morte. Rien ne bouge ici, sauf la contrebande."

Mais l’Algérie a-t-elle intérêt à ouvrir ses frontières ? Taoufiq Boudchiche, directeur de la coopération internationale auprès de l’Agence de développement de l’Oriental, ne le pense pas : "La question politique est un prétexte. Il s’agit davantage d’un problème économique. L’Algérie est une économie fermée, basée sur le pétrole. Qui dit intégration régionale, dit harmonisation fiscale, transparence. L’Algérie n’est pas prête pour l’économie de marché, basée sur la coopération et la libre circulation des flux de marchandises."

Lasse d’attendre et sous l’impulsion du Roi, la région de l’Oriental a décidé de prendre son avenir en main. Depuis 5 ans, Oujda est en chantier : infrastructures de transport, faculté de médecine flambant neuve, remise à niveau de la ville. Au niveau économique, les autorités projettent de lancer une technopole sur les métiers de services liés au tourisme, à l’équipement électrique et à l’offshoring, ainsi qu’un Kyoto parc dédié aux énergies renouvelables. Encore faut-il que cela tienne la route…
Avec Azzeddine Bensouiah en Algérie, article publié dans Syfia/InfoSud
Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 11:39

Tandis que le Maroc vient d’inscrire le développement des énergies renouvelables comme priorité nationale, la réflexion se poursuit au ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies pour créer le Kyoto Parc, dédié aux entreprises du secteur à Oujda.

« Le site est déjà choisi », confie Saïd Mouline, directeur général du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) et président de la commission environnement auprès de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Il s’agirait d’attirer des investissements pour la fabrication de lampes, panneaux photovoltaïques, palles de moteurs pour l’éolien, notamment.


Le Maroc ambitionne d’atteindre près de 20% d’électricité produite à partir du renouvelable d’ici 2012, avec 500 mégawatts de capacité installée à partir de l’énergie solaire et 1 200 mégawatts à partir de l’éolien.
Avec près de 4 000 heures de fonctionnement par an, soit quasiment le même niveau que le Brésil, le royaume chérifien dispose de l’un des potentiels éoliens parmi les plus élevés au monde.
Aujourd’hui, le Maroc compte trois parcs éoliens, dans la région du Détroit et à Essaouira. De plus en plus, des industriels, à l’instar de Lafarge, de l’Office chérifien des phosphates ou du groupe Ynna Holding, recourent à l’énergie éolienne pour leur propre consommation.

« Au départ, c’est un investissement important, concède Saïd Mouline. Mais pour le privé c’est ensuite un prix d’électricité garanti pendant 20 ans. Cela donne de la visibilité. Et aussi le droit d’émettre des crédits carbone». En moyenne, le coût de l’électricité éolienne est compris entre 50 et 70 centimes le kilowattheure.


Au total, le Maroc dispose de quelques 300 MW installés. Et l
a construction du parc de Tarfaya dans le sud du pays ajoutera 300 MW supplémentaires. Le candidat retenu à l’issue de l’appel d’offres lancé par l’Office national de l’électricité (ONE) devrait être connu dans les prochains mois. Sur les rangs : Theolia, en partenariat avec la société émiratie Taqa. L’entreprise française, qui connaît actuellement des difficultés financières, est déjà le principal producteur d’électricité éolienne au Maroc, via la Compagnie Eolienne du Détroit (CED) à Tétouan.

Principale contrainte au développement de l’éolien au Maroc : l’adaptation du réseau électrique face à une énergie encore peu prévisible. « Le réseau actuel peut supporter 1 500 MW d’éolien. Au-delà, il nous faudra affiner nos prédictions », indique Ahmed Squalli, directeur général de la société NRJ International.

Testés aux Etats Unis et en Europe, le développement des réseaux intelligents, qui s’adaptent aux énergies renouvelables, laisse néanmoins bon espoir d’augmenter rapidement en capacité. Le Maroc l’entrevoit d’ailleurs bien dans ce sens. Un projet de loi devrait autoriser les producteurs privés à exporter, à terme, de l’électricité éolienne vers les pays européens.

Côté solaire, le coût encore élevé limite l’emploi des panneaux photovoltaïques à l’approvisionnement en électricité des villages enclavés. Près de 60 000 ménages sur un objectif de 100 000 sont ainsi servis via des kits individuels.

Toutefois, « avec les investissements massifs effectués dans la R&D ces dernières années, aux Etats-Unis notamment, nous pensons que le photovoltaïque sera compétitif aux alentours de 2015. Il convient d’ores et déjà de s’y préparer », souligne Saïd Mouline.
Article publié dans www.econostrum.info.

Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 17:52

La frénésie du golf s’est emparée du Maroc. Le  nombre de parcours – une vingtaine aujourd’hui- devrait plus que doubler au cours des deux prochaines années.

A Marrakech, première destination touristique du royaume, cet engouement frôle l’extravagance. Une dizaine de terrains créés par des sociétés immobilières - Addoha et Alliances Développement- ainsi que par les groupes émirati Reem Investments, bahreïni Gulf Finance House ou mauricien Beachcomber, s’ajouteront aux quatre déjà en activité : Royal Golf, Palmeraie Golf Palace du groupe Palmeraie Développement, Amelkis et plus récemment Samanah Country Club du groupe immobilier français Alain Crenn.

« Un ou deux golfs en plus se justifierait, mais pas davantage. La plupart de ceux projetés visent surtout à faciliter les ventes immobilières » reconnaît Charles Roy, ancien directeur du golf du Palmeraie Golf Palace. Pourtant, nul n’ignore que la ville ocre souffre d’un stress hydrique récurrent et qu’il fait trop chaud la moitié de l’année pour pratiquer ce sport. « Six mois par an, l’activité tourne. Les six autres mois, on ne peut rien faire, mais on continue d’arroser le gazon, indique Gérard Courbin, directeur de la SEV, une société de construction, de rénovation et d’entretien de parcours de golf. En moyenne, un golf de 18 trous au Maroc, consomme 3 500 à 4 000 m³ d’eau par jour ».

A la différence de l’Europe, abreuvée de pluies régulières, le Maroc doit arroser ses golfs toute l’année, malgré l’emploi de semences hybrides plus résistantes à la sécheresse et la salinité. L’an passé, certes, le pays a connu de très fortes averses. Mais habituellement, la pluviométrie moyenne annuelle est de l’ordre de 250 mm d’eau par an.

Dans le club house du Palmeraie Golf Palace, idéalement situé au cœur de la palmeraie de Marrakech et offrant une vue spectaculaire sur les montagnes de l’Atlas, trois jeunes Françaises attendent de partir sur le green. Le parcours est facturé entre 45 et 50 euros, quand il peut atteindre 100 euros dans l’Hexagone. « La clientèle est à 65% française », confie Mehdia Cherkaoui, l’actuelle directrice du golf. Pour l’entretien des 77 hectares, estimé à près de 8 millions de dirhams (700 000 euros) par an, l’eau utilisée provient pour moitié de puits creusés dans la nappe phréatique et pour moitié du réseau d’eau potable.

Attablé à un café du quartier Gueliz, Youssef Sfairi, ingénieur eaux et forêts, responsable syndicaliste et président de l’association Amal Palmeraie pour la sauvegarde du site, soupire : « La nappe phréatique diminue, il faut creuser de plus en plus profondément. Les palmiers vieillissent, leurs racines ne parviennent plus à être arrosées ». Pour creuser un puits, il faut une autorisation des autorités marocaines. Celles-ci se fondent sur des études d’impact sur l’eau et l’environnement. Mais ces rapports sont souvent, dans les faits, réalisés par des cabinets privés qu’il est aisé d’acheter. «Ces études, qui prétendent expliquer comment pomper, réguler, qui établissent des recommandations, sont complètement bidon (…) On donne toujours l’accord pour construire le golf ! », avoue un professionnel, sous couvert d’anonymat.

Le salut de Marrakech devrait venir de la future station d’épuration, qui assurera la redistribution des eaux traitées pour l’alimentation des golfs et des grosses industries. Ce qui devrait permettre, d’ici deux à trois ans, d’interdire les forages. « On voit bien qu’il n’y a pas eu d’études d’impact en amont, car il aurait fallu commencer par construire cette station puis les golfs. On a mis la charrue avant les bœufs », commente le même professionnel.


« C’est moins la quantité consommée qui dérange que le mode de consommation » souligne Mehdi Lahlou, universitaire à Rabat et président de l’Association pour le contrat mondial de l’eau (ACME) au Maroc. « L’agriculture est la première à gaspiller l’eau dans le pays, ajoute-t-il, mais dans un pays qui manque d’eau, le golf apparaît comme un usage anormal, superflu ». Un touriste au Maroc consomme en moyenne, piscines et terrains de golf compris, 500 litres d’eau par jour, alors qu’un Marocain ordinaire dispose, lui, de 40 litres. Pour le président de l’ACME c’est  « cette confrontation des chiffres, ce déséquilibre entre des consommateurs privilégiés et le consommateur moyen marocain qui est le plus insupportable socialement».  En compétition avec la Tunisie, l’Egypte, la Turquie, le Maroc est prêt à tout pour attirer les touristes... Le royaume espère recevoir 172 000 golfeurs à l’horizon 2010. Ils étaient environ 60 000 en 2006. « On estime volontiers les retombées positives du tourisme, mais jamais les effets négatifs (…) Au coût réel, le prix de l’eau payé par les touristes est sous évalué », ajoute Mehdi Lahlou.


Selon pS-Eau, réseau d’ONG partenaires pour l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous dans les pays du Sud, les ressources en eau naturelle, en moyenne annuelle par habitant, ne sont déjà plus très éloignées, au Maroc, du seuil des 1000 m3 considéré comme critique par les spécialistes. Pour l’ensemble du royaume, ce taux se situera autour de 745 m³ à l’horizon 2020. A cette date, près d’un tiers de la population totale du pays disposera de moins de 500 m³ par habitant et par an, considéré comme le seuil du manque d’eau chronique.

Sur l’océan Atlantique, Agadir est fière de ses trois golfs (Royal Golf, Golf du Soleil du groupe Tikida et Golf des Dunes du Club Méditerranée). Deux autres viendront bientôt compléter son offre avec l’ouverture du Golf de l’Océan (groupe Atlantic Palace) et la mise en service de Taghazout, la station balnéaire du plan Azur, réalisée par le promoteur américain Colony Capital. « Contrairement à Marrakech, Agadir peut se prévaloir d’être une destination golfique toute l’année, souligne Gérard Courbin, le directeur de la SEV. Les températures y sont nettement plus douces. Mais l’eau y est plus chargée en sel, ce qui pose un  problème pour l’arrosage des pelouses. A terme, Agadir ne pourra se passer d’une unité de dessalement ». Il y a bien, à 10 kilomètres de la ville, une station d’épuration. Mais les canalisations qui auraient permis d’alimenter les terrains du golf avec l’eau retraitée n’ont pas été prévues. Un gaspillage : la station, selon un spécialiste, rejetterait dans la mer entre 25 000 et 30 000 m3 d’eau épurée par jour… 

Au Maroc, les terrains de golf fleurissent même aux portes du désert. Près de Ouarzazate, le Ouarzazate Lake City devrait bientôt sortir de terre. Porté par le groupement maroco-belge Palmeraie Développement, Maghreb Siyaha et Thomas & Piron, le projet, estimé à 600 millions d’euros, se veut le « Las Vegas marocain », avec casinos, hôtels, parc aquatique. Et bien sûr l’inévitable parcours de golf. A deux pas des salles de jeu, serait-ce le pari de trop sur les capacités en eau de la région ?

Article publié dans l'Express 

Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 18:24

Cinq ans après la promulgation du nouveau Code de la famille au Maroc, son application laisse à désirer, surtout en zone rurale. Le mariage des mineures et la survie matérielle des femmes divorcées restent les points faibles. En cause : un déficit de sensibilisation et la résistance des magistrats.

 

La condition féminine laisse encore à désirer au Maroc, cinq ans après l’entrée en vigueur, en 2004, du nouveau code de la Moudawana, véritable révolution pour les droits de la femme. Au plan juridique, les transformations se poursuivent : le roi Mohamed VI a levé, fin 2008, toutes les réserves marocaines à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme. Mais sur le terrain, l’application de certaines des nouvelles dispositions du Code de la famille tarde.
Selon le rapport de la Ligue démocratique des droits de la femme (LDDF), les demandes de dérogation pour les mariages de mineures, en principe interdits, ont augmenté de plus de 50 % dans le monde rural en 2007. Les magistrats y répondent favorablement dans 86% des cas. Globalement, près de 10,3 % des actes de mariage concernent encore des mineures.
"Le législateur a échoué en considérant que fixer l’âge légal du mariage à 18 ans serait dissuasif. Dans la pratique, les dérogations qui devaient être l’exception sont accordées trop facilement", estime Fouzia Assouli, secrétaire générale de la LDDF. En cause : un déficit d’information et de sensibilisation de l’État à l’endroit notamment des magistrats, la pauvreté et la non-scolarisation des filles, mais aussi l’attitude d’extrémistes qui encouragent le mariage des mineures. En septembre 2008, le cheikh salafiste Al-Maghraoui, influent sur une trentaine d’écoles coraniques, mettait en ligne une fatwa (un décret religieux, Ndlr) autorisant le mariage d’une fillette de 9 ans.


La pratique ne suit pas la loi


"En milieu rural, il n’y a pas beaucoup d’évolution sur cette question (…). À 14-15 ans, quand les filles ne sont pas scolarisées, on leur donne peu d’alternatives au mariage, rappelle Malika Ben Mahi, présidente de l’Association marocaine pour la promotion de la femme rurale. Il y a également des problèmes dans les bidonvilles, là où émigrent les familles rurales venues chercher du travail". Pour la LDDF, la solution serait de fixer un âge minimum au mariage, en dessous duquel aucune dérogation n’est possible. Autre revendication des associations féministes : l’abrogation du paragraphe de l’article 475 du Code pénal, qui annule la peine d’un violeur d’une mineure, s’il épouse sa victime.
Sur la question de la polygamie, en baisse constante, la situation s’améliore, conviennent toutefois les associations. Mais le même problème surgit à chaque fois : l'écart entre le texte légal et sa mise en pratique. La loi autorise ainsi la polygamie pour des motifs objectifs et exceptionnels, comme la stérilité d’une femme qui refuserait le divorce. Dans la pratique, c’est surtout l’aisance financière du mari qui est prise en compte.
De même pour le divorce : le nouveau code prévoit qu’il doit être demandé en justice, la répudiation ne suffisant plus. En 2007, plus de 49 000 actes de divorce (sur 297 000 actes de mariage la même année) ont été prononcés au Maroc, contre 43 000 environ en 2006. Mais la création d’un fonds de solidarité pour le versement des pensions alimentaires se fait toujours attendre, alors qu’il a été promis dès avant la promulgation de la loi. Ce qui rend le droit des femmes au divorce aléatoire : "Dans la majorité des cas, le divorce est une catastrophe financière pour les femmes et les enfants", souligne Fouzia Assouli.

Des magistrats trop religieux


"La Moudawana a suscité beaucoup d’attentes. Il y a eu des avancées, mais le résultat est mitigé", indique de son côté Youssef El Falah, conseiller juridique à l’American Bar Association (ABA), une organisation américaine qui œuvre en faveur de l’État de droit. Pour l’ABA, la non-application des principales clauses de la Moudawana s’explique par la formation et une certaine résistance des magistrats. "La majorité des juges ont un savoir juridique très imprégné de culture religieuse ; beaucoup sont lauréats d’un cursus théologique avant d’intégrer l’Institut de la magistrature. Leur référentiel est plus religieux que juridique", explique Youssef El Falah. En cas de doute, les magistrats, dont le pouvoir d’appréciation est élevé, recourent plus aux préceptes religieux qu'aux règles de droit. D’où l’importance de les sensibiliser, selon Youssef El Falah, ce que l’État marocain ne fait pas. Pas plus qu’il ne communique suffisamment avec les justiciables pour faire connaître la loi.

Article publié dans Syfia-InfoSud

Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 22:28

Jusqu’à présent petit exportateur, le Maroc reprend pied sur le marché international grâce à un jeune entrepreneur parvenu à créer un « Grand cru ».


« Être originaire de Champagne m’a amené à connaître les grands noms de la gastronomie », confie Youssef Gardam. Né à Epernay, en France, il y a 26 ans, installé au Maroc depuis 2005, il est aujourd’hui le porte-drapeau de l’huile d’olive marocaine haut de gamme, sélectionnée par la maison européenne Oliviers & Co, une référence, et adoubée par Alain Ducasse, l’un des plus grands cuisiniers français.

Installée dans la région de Safi, à l’ouest du Maroc, la société Les Terroirs de Volubilis compte 25 hectares d’oliviers. Elle a produit 50 000 litres d’huile l’année dernière, dont 90 % vendus à l’exportation, en Europe, aux Etats-Unis, au Japon, en Arabie Saoudite ou à Dubaï. La bouteille de 500 ml est vendue 15 euros.


C’est en 2004 que Youssef Gardam décide de développer dans son pays d’origine une huile d’olive qui puisse tenir la comparaison face à des concurrentes grecques, italiennes ou espagnoles. Etudiant en troisième année de médecine, il passe quinze jours dans le sud de la France où, par passion, il fait le tour des producteurs d’huile d’olive. « Dans une boutique en Provence, la vendeuse m’a expliqué qu’on ne pouvait pas trouver d’huile d’olive marocaine, en raison de sa mauvaise qualité », se souvient-il. Quelques mois plus tard, il s’établit dans la région de Safi afin d’exploiter les terres familiales. Les Terroirs de Volubilis sont nés. Un coup de pouce vient de son passage à l’émission télévisée Challenger, de la deuxième chaîne marocaine, 2M. Sélectionné, il reçoit l’appui financier du sponsor, Attijariwafa Bank, qui finance le premier investissement, de 6 millions de DH (550 000 euros), à hauteur de 65 %, le reste provenant des économies du porteur de projet et de sa famille.

Youssef Gardam applique au Maroc les techniques de trituration (broyage sous forte pression) observées en Provence. « On s’imagine que l’huile d’olive marocaine est trop acide à cause de la variété d’olive locale, la Picholine, explique-t-il. C’est faux. En changeant les techniques de trituration, je suis parvenu à faire une huile de très grand cru. » Détermination de la maturité de l’olive, cueillette à la main (300 personnes pendant trois mois), triage des fruits, stockage sous atmosphère à l’azote, autant de procédés proches de la fabrication du vin utilisés par Les Terroirs de Volubilis.

L’aventure ne s’arrête pas là. Youssef Gardam vient d’acquérir la licence de la marque « Première Pression », enseigne créée par le Français Olivier Baussan, fondateur d’Oliviers & Co et de l’Occitane (produits de beauté) – l’ensemble constitue un réseau de 900 boutiques et 416 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2007. Youssef Gardam entend fédérer les petits producteurs marocains, tunisiens et algériens, en vue de créer Première Pression Maghreb avec des visées à l’international et une première implantation commerciale à Paris en 2010. D’ici là, le concept sera testé dans une première boutique au Maroc, qui doit voir le jour en avril.
Article publié dans Jeune Afrique

Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 22:42

Malgré l’optimisme de mise des autorités marocaines, le tourisme pâtit de la conjoncture internationale. En témoignent les derniers chiffres de l’Observatoire du tourisme. Si le Maroc peut se révéler une destination de substitution, d’aucuns déplorent le manque de vision à long terme des pouvoirs publics.


Le Maroc parviendra t-il à l’objectif fixé de 10 millions de touristes à l’horizon 2010-2011 ? Tandis que l’Organisation mondiale du tourisme prévoit pour cette année un ralentissement de la croissance du tourisme international, entre 0 et -2%, les autorités marocaines affichent un optimisme à tout crin. « Culturellement, les pouvoirs publics marocains sont réfractaires au mot crise », confie un professionnel du secteur.

Si le cap des 8 millions de touristes a bien été franchi en 2008, reste que pour remplir son contrat, le royaume devrait connaître un taux de croissance annuel moyen de 7,7% sur trois ans (voire 11,8% sur deux ans), dans un environnement des plus moroses.


Or, déjà, le ralentissement est perceptible. Selon l’Observatoire du tourisme, les arrivées de touristes aux frontières sont en baisse de 2% en décembre, avec un recul très marqué pour les ressortissants britanniques, français et hollandais. Sur l’année, l’évolution reste positive à 6%. Parallèlement, le nombre estimé des nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement touristique classés recule de -8% en décembre 2008 par rapport au même mois de l’année précédente. Marrakech chute de -10%, Agadir de -4%, Casablanca de -13%. Globalement, l’année 2008 s’achève en baisse de -3%. Les tours opérateurs se montrant particulièrement affectés.


Alors que la demande ralentit, l’offre continue, elle, à s’étoffer. Les premiers hôtels et résidences de la station balnéaire de Saïdia sur la côte méditerranéenne, station pilote du Plan Azur, devraient ouvrir en juin prochain, avec près de 4 000 lits.

Pour parer à la crise, le ministère marocain du Tourisme a lancé en décembre dernier un plan d’urgence baptisé « Cap 2009 », qui vise à développer le tourisme interne et conquérir de nouveaux marchés comme la Russie, les Etats-Unis ou les pays du Golfe. Une enveloppe de 100 MDH (9 M€) lui a été attribuée.


Marc Thépot, directeur du groupe Accor au Maroc, reste confiant : « En cette période de crise, le Maroc demeure une destination de substitution alternative assez forte à d’autres destinations plus lointaines (…) Les courts séjours se développent. Les Marocains voyagent de plus en plus ». Dans le royaume, les 15 hôtels Ibis du groupe Accor accueillent 80% de clientèle domestique.

Mais selon un responsable hôtelier, la véritable question concerne la Vision 2020, qui se veut plus qualitative et tarde à se matérialiser. « Les événements internationaux peuvent justifier des retards de 12 à 24 mois (…) Cap 2009 est une réponse conjoncturelle. Mais quid des prochaines années ? Quelle est la politique marketing ? La profession avait demandé de faire venir des formateurs étrangers pour améliorer la qualité des formations délivrées. Il n’en a rien été», déplore ce responsable.
Article publié dans Econostrum

Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 15:58

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Casablanca Aéronautique, filiale de la société française Auvergne Aéronautique, prévoit le démarrage des activités de sa seconde unité au Maroc courant 2009. Les travaux doivent être lancés très prochainement. "Nous espérons faire une annonce en ce sens lors du salon du Bourget", indique Erick Sebe, directeur du site.
A la première usine, opérationnelle depuis avril 2008 et spécialisée dans la chaudronnerie et les traitements de surface aluminium et acier, viendra s’ajouter une seconde unité dédiée à l’assemblage de sous-ensembles aéronautiques.
Ces pièces seront destinées aux gros donneurs d’ordre déjà implantés au Maroc, comme Aircelle (groupe
Safran ), Socaero (Daher Socata ) et Maroc Aviation (EADS ), ainsi qu’à leurs fournisseurs.
L’ensemble du site, sur 4.000 et 6.000 m², devrait représenter un investissement global de près de 9 M€.

Fin 2008, Casablanca Aéronautique comptait 175 personnes pour un chiffre d’affaires de 2 M€. La société prévoit un chiffre d’affaires de 5 M€ fin 2009 et 11 à 12 M€ en 2010, pour un effectif de 400 personnes en rythme de croisière.
Face à la crise mondiale, la filiale marocaine se montre sereine. Elle qui travaille sur les anciens programmes, type A 320, pour lesquels les carnets de commandes des donneurs d’ordre sont pleins sur les quatre ou cinq prochaines années. "Globalement, dans l’aéronautique, il y a des retards mais très peu d’annulations de commandes", explique Erick Sebe.
A Clermont-Ferrand, la maison mère affiche des objectifs ambitieux avec un doublement du chiffre d’affaires en trois ans.


Derrière cette opération, pas de délocalisation. Erick Sebe insiste sur la complémentarité entre la France et le Maroc. Auvergne Aéronautique, fournisseur de rang un pour
Airbus, procède à l’assemblage de grands sous-ensembles. De son côté, Casablanca Aéronautique se positionne sur la fabrication de petites pièces.
"Grâce à cette répartition des rôles, nous avons gagné de nouveaux marchés, notamment auprès d’Eurocopter", souligne le directeur de l’usine installée sur l’aéropôle de Nouaceur.
Avec quelques années d’avance sur la Tunisie et la présence de grands groupes déjà commanditaires d’Auvergne Aéronautique en France, le royaume chérifien a emporté la décision comme destination des investissements du groupe clermontois.
Article publié sur Econostrum.info

Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 23:25

L’Office Chérifien des Phosphates a conclu un partenariat stratégique avec la Banque Centrale Populaire, aux termes duquel la banque publique entre au capital de l’OCP à hauteur de 5,88%, cédant parallèlement 6,6% à l’Office marocain. A l’affut de capitaux, l’OCP envisage également son introduction en bourse.

Pariant sur le boom des besoins alimentaires de la planète et le développement des agrocarburants, l’OCP poursuit le développement, malgré la crise, du vaste chantier de Jorf Lasfar, à une centaine de kilomètres au sud de Casablanca. Objectif : faire du site un hub mondial de la chimie des phosphates. Le Maroc détient près de 50% des réserves mondiales.

Pour ce faire, l’OCP prévoit 15,5 milliards de dirhams (1,4 Mds€) d’investissements propres afin de développer un hub « plug and play », intégrant les mines de Khouribga et Gantour, deux pipelines reliant les mines à la plateforme industrielle de Jorf, ainsi que l’exploitation d’un nouveau quai portuaire pour l’exportation directe des phosphates et produits dérivés, libérant le port de Casablanca de près de 40% de son trafic.

La construction du pipeline sur 140 km entre Khourigba et la plateforme de Jorf devrait être achevée en 2012. Son coût est estimé à plus de 5 milliards de dirhams (448 M€). Le management de l’OCP réfléchit à sa mise en concession-BOT.

Après avoir conclu des accords de joint venture avec le Pakistanais Fauji, le Brésilien Bunge, le Belge Prayon, l’Allemand CFB et les Indiens Tata et Birla, l’OCP souhaite désormais  accueillir des investissements directs étrangers pour la réalisation de cinq autres unités industrielles d’ici 2015, pour un montant estimé de 25 milliards de dirhams. L’Office affirme avoir reçu 16 manifestations d’intérêt de sociétés, originaires notamment des Etats-Unis, de l’Inde et de la Turquie, en vue de produire de l’acide phosphorique ou des engrais.

Avec l’envolée des cours du phosphate, l’OCP a doublé son chiffre d’affaires en 2008 à 55 milliards de dirhams (environ 5 Mds€). La croissance des capacités mondiales de production d’engrais phosphatés, en raison notamment de l’entrée en production du complexe saoudien d’Al Jalamid devrait conduire à une offre excédentaire d’engrais à l’horizon 2011-2012 (rapport sur les tendances du marché mondial des engrais de la FAO), se traduisant par un nouveau cycle de baisse des prix.
Article publié dans Econostrum

Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 19:22

Lancé il y a dix ans, le microcrédit a connu dans le royaume une croissance spectaculaire. Mais les associations de microcrédit sont depuis quelques mois confrontées au surendettement des bénéficiaires. La restructuration du secteur est en marche.

 
Enveloppée dans sa djellaba rose, Khadija déballe son stock devant les agents de l’association de microcrédit Al-Amana, la plus importante du pays. Sur la table, s’amoncèlent des couvertures bariolées, des serviettes de bain, du linge de maison, que cette mère de cinq enfants vend à domicile aux femmes des environs. Khadija est couturière à Bourgogne, un quartier populaire de Casablanca, situé derrière la grande mosquée Hassan II. C’est la troisième fois qu’elle fait appel à Al-Amana pour un crédit solidaire. Aujourd’hui, elle a besoin de 8 000 dirhams (720 euros) pour acheter une machine à coudre et du tissu.

Khadija, Meryem, Mina, Rhama : elles sont quatre voisines à solliciter un microcrédit, toutes couturières et prêtes à se serrer les coudes, si l’une d’entre elles est défaillante. « Un pour tous, tous pour un », s’amuse l’un des agents de crédit. La caution solidaire est la condition sine qua non pour l’attribution d’un prêt. Des quatre, Meryem, dont le mari est cordonnier, possède la plus jolie maison, plus claire, moins humide. Dans un coin de la terrasse, sur le toit, elle a installé un petit atelier fait de planches. « La banque, non, je n’y ai pas demandé de prêt, je sais que je n’aurai rien (…) Avec Al Amana, il suffit de donner une copie de la carte d’identité et une photo », explique t-elle.

Artisan, musicien et magicien comique, Miloudi Dayfi, un célibataire moustachu de 37 ans, est installé à Benslimane, une ville de 45 000 habitants entre Casablanca et Rabat. Dans sa boutique, véritable caverne d’Ali Baba, il vend des cadres photos, des céramiques, des assiettes, qu’il illustre lui-même avec des collages graphiques. Régulièrement, Miloudi participe à des festivals et donne des représentations de magie dans les écoles de la région. Sa petite affaire fonctionne bien. Il estime ses revenus à 10 000 dirhams par mois. Son crédit, de 20 000 dirhams, c’est auprès de la Fondation Banque Populaire pour le microcrédit (FBPMC) qu’il l’a contracté. Un prêt qui lui a notamment permis d’acheter une imprimante laser couleur et une sono. « Il me reste encore deux traites à régler, confie t-il. Ensuite, je souhaite demander un autre prêt de 40 000 dirhams pour acheter une voiture d’occasion, afin de partir en tournée avec mes musiciens ».

Zahra s’offre une pause-déjeuner dans sa boutique de l’ancienne médina de Casablanca, au milieu des boîtes à bijoux en bois de thuya d’Essaouira et des céramiques rapportées de Marrakech. A 57 ans, Zahra, originaire de Zagora et séparée de son mari, est à la tête de quatre échoppes. Deux de ses enfants travaillent avec elle. Les trois autres ont réussi à partir en Espagne. « Au début, je travaillais dans l’informel. Et puis avec le microcrédit, mes affaires ont prospéré. J’ai ouvert la première boutique il y a 5 ans, maintenant je suis inscrite au registre du commerce », explique pas peu fière, la commerçante.

 

Réussite spectaculaire et spectre du surendettement

 

Au Maroc, le microcrédit bénéficie à près d’1,4 million de personnes, soit 20% du total des ménages, pour un encours global d’environ 7 milliards de dirhams (630 millions d’euros). Sur les treize associations de microcrédit (AMC) actives, les cinq plus grandes (Al Amana, Zakoura, Fondep, FBPMC et Ardi) servent 95% du marché, avec des taux pratiqués de 13 à 15% (8 à 9% pour les banques). La clientèle ? Féminine à 64% et concentrée en zone urbaine.

Le microcrédit, c’est l’histoire d’une réussite exceptionnelle qui a démarré il y a une dizaine d’année et voit aujourd’hui le royaume chérifien figurer dans le Top 3 mondial pour l’encours des crédits  et au Top 10 pour les performances accomplies. Dans la région Mena, le Maroc est numéro un avec 40% des bénéficiaires. Selon une étude d’impact réalisée par Planet Finance Maroc, filiale de l’organisation créée par Jacques Attali, le ménage voit ses revenus augmenter de 20% en  moyenne lorsqu’il a recourt au microcrédit. « La famille mange mieux, on se soigne mieux, on éduque mieux. Cela ne signifie pas forcément un saut qualitatif extraordinaire ou que l’on passe de la microfinance à la banque. Le premier avantage du microcrédit est de stabiliser l’emploi », explique Mohamed Maarouf, directeur de Planet Finance Maroc.

 

Depuis quelques mois, cependant, la machine semble se gripper. A cause du surendettement des clients. Le portefeuille à risque à 30 jours est passé de 2 à 5% en raison des crédits croisés, c’est-à-dire du recours à plusieurs associations par un même emprunteur. Celui-ci représente près de 350 millions de dirhams. «Le crédit croisé n’est pas une nouveauté, mais les montants accordés ont augmenté. Et les clients vont prendre sur le marché tout l’argent disponible et pas juste ce dont ils ont besoin», souligne Mohamed Maarouf. Entre 2004 et 2006, le montant moyen des prêts est passé de 2 000 à 6 000 dirhams. Au crédit solidaire est également venu s’ajouter, il y a quatre ans, le prêt individuel, permettant de financer l’amélioration de l’habitat, et dont le montant est plus important.

« Le problème c’est que l’on se marche dessus, souligne Rida Lamrini, ancien président de la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM) et président d’INMAA, Institution marocaine d’appui à la micro-entreprise. Dans certaines régions, il n’y a pas de microcrédit. Les zones rurales ne sont quasiment pas couvertes. En revanche, dans certaines villes, on peut trouver 5 ou 6 associations de microcrédit dans la même rue, qui se font concurrence. C’est cocasse».

Le crédit croisé représenterait ainsi près de la moitié du portefeuille de certaines associations. Pour la Fondation Banque Populaire pour le microcrédit (FBPMC), le problème est le manque de vigilance des professionnels et le sous-financement des besoins des micro-entrepreneurs, plafonnés à 50 000 dirhams. « Un montant insuffisant pour régler le pas de porte d’un petit commerce ou développer un élevage. Ce qui explique que les bénéficiaires font le tour des associations », estime Mustapha Bidouj, directeur de la FBPMC, avec 190 000 bénéficiaires à son actif. Pour lui, le microcrédit est l’antichambre du secteur bancaire. « 12 000 de nos clients sont aujourd’hui bancarisés à la Banque Populaire », se réjouit le directeur de la FBPMC.

Pourtant, passer de la microfinance à la banque n’est pas chose aisée, surtout quand on est analphabète (40% de la population marocaine). Moins un problème de solvabilité qu’une méfiance et gêne à l’égard d’un système où les « gens ne sont pas comme nous ». A une quarantaine de kilomètres de Casablanca, Mohammed, éleveur de vaches et apiculteur, a fait la démarche inverse. Suite à la sécheresse qui a frappé le Maroc deux années de suite, il a emprunté à la FBPMC pour acheter de l’aliment pour bétail, plutôt que de s’adresser à la banque où il détenait un compte. « Au Crédit agricole, les modalités de remboursement ne me conviennent pas, explique ce père de huit enfants. Le microcrédit est plus souple».

 

Financiarisation du secteur

 

Le secteur est en pleine réflexion et phase de restructuration. Devant la hausse des impayés, la réaction de la Banque centrale (BAM) ne s’est pas fait attendre, qui a demandé la mise en place d’une centrale des risques, prévue au premier trimestre 2009, et l’établissement de nouvelles règles prudentielles, notamment la hausse des fonds propres. Et pour répondre aux exigences de la BAM, les petites associations, à l’instar d’INMAA, qui compte 12 000 bénéficiaires, devront fusionner, accepter d’être absorbées par de plus grandes ou disparaître. Dans un autre registre, Al Amana, plus grosse association du pays, avec 490 000 clients actifs et un encours de 2,78 milliards de dirhams, se posait la question de la titrisation de ses créances…avant que ne survienne la crise financière mondiale.

Parallèlement, le secteur réfléchit à une plus grande sophistication, en vue de servir de nouveaux clients et offrir des produits différents, comme l’assurance et la collecte d’épargne (même si pour l’instant BAM l’interdit). « La très petite entreprise est trop grande pour la microfinance et trop petite pour la banque. Il existe un espace, mésofinance, à développer », explique Mohamed Maarouf. Dans l’informel, les TPE seraient un million.

Pour les AMC, le repositionnement géographique, en direction des zones rurales, est également souhaité. Estimé à 3 millions d’habitants, le marché du microcrédit est quasiment saturé en zone urbaine. Dans le rural, les associations devront exercer leur métier autrement. Le risque agricole, comme la sécheresse, est plus difficile à appréhender. A contrario d’une activité commerciale générant des flux réguliers, l’agriculture donne ses fruits deux à trois fois par an seulement. « Le secteur agricole est un secteur que les associations de microcrédit ne connaissent absolument pas. On pourrait dire la même chose pour la micro-entreprise. Celui qui investit dans un four pour faire de la boulangerie industrielle ne va pas rembourser tous les 15 jours », indique François Lagier, directeur de l’Agence française de développement au Maroc et membre du conseil d’administration du fonds Jaida de refinancement aux petites et moyennes AMC.

Globalement le secteur du microcrédit est tiré vers le haut, se rapprochant des exigences du secteur bancaire commercial, en termes de gouvernance, de gestion des risques, de rentabilité, pouvant faire craindre de s’éloigner des objectifs sociaux.  La loi demande aux associations d’être viables au bout de cinq années.

Le Maroc porte deux visions, deux réalités du microcrédit, estime François Lagier. « La première est locale, de proximité. C’est celle des associations qui ont quelques milliers de clients. La seconde est partagée par les grandes associations nationales qui gèrent des centaines de milliers de clients. Les problèmes ne sont pas les mêmes. Il faut donner aux grandes la possibilité de devenir autre chose que des associations à but non lucratif, pour lever du capital, sans faire disparaître les petites structures».

Rida Lamrini, pour sa part s’interroge : « Il y eut une époque où les bailleurs subventionnaient le microcrédit. Aujourd’hui, la profession veut s’arrimer au secteur financier. Je me demande dans quelle mesure nous sommes toujours fidèles à notre mission de départ ».

Article publié dans l’Express



Pères fondateurs

L’essor du microcrédit au Maroc ne serait pas ce qu’il est sans l’engagement de personnalités fortes, engagées dans l’action sociale et militants de la première heure pour le respect des droits humains.

Fouad Abdelmoumni, directeur depuis 1997 d’Al Amana, la plus importante association de microcrédit du Maroc, est l’un d’eux, connu pour son engagement en faveur de l’insertion économique des victimes de la répression politique. Lui-même a été détenu plusieurs années, durant les « années de plomb ».

Nourredine Ayouch, le fondateur de Zakoura en 1995, la seconde plus grande association du royaume, est à l’origine de l’introduction du théâtre social au Maroc dans les années 70 et créateur de la revue Kalima, ayant succombé à la censure. A la tête d’une des premières agences de publicité du pays, Ayouch avait lancé Daba 2007 avant les dernières élections législatives pour inciter les jeunes à participer à la vie politique.

Emanation de l’Association marocaine de solidarité et de développement (AMSED), à l’origine du microcrédit dans le pays en 1993, l’association INMAA est présidée par Rida Lamrini, écrivain, membre du Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH).

Journaliste presse et reporter d'images indépendante, spécialiste de l'Afrique, je réside au Maroc depuis 2007.

Publications et reportages pour France Ô, L'Express, La Croix, Econostrum, New African, African Business, etc.  

 

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