Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /Fév /2008 12:22
Fin 2007, le Maroc a accueilli 7,4 millions de visiteurs, en hausse de 13%.  Grâce à l’augmentation de ses capacités litières et l’ouverture de son espace aérien, le pays est sur les rails. Gare toutefois au déficit de compétences dans le secteur hôtelier. Djemaa-el-Fna-square.JPG

 

Malgré quelques retards dans le plan Azur, la Vision 2010 commence à porter ses fruits. « Le Maroc est sur les rails (...) 2008 sera une année charnière », a indiqué Mohamed Boussaid, ministre du Tourisme, lors de la présentation des résultats du secteur. Fin 2007, le nombre de visiteurs au Maroc a atteint 7,4 millions (dont près de 45% de Marocains Résidant à l’Etranger) ; un chiffre en hausse de 13% par rapport à l’année précédente. Le volume des nuitées réalisées dans les établissements d’hébergement classés a enregistré une hausse de 3% par rapport à 2006, soit 16,9 millions de nuitées, et une augmentation de 33% par rapport à 2001. Parallèlement, la capacité d’hébergement a atteint 143 000 lits, soit une progression de 7% par rapport à 2006.

Selon les chiffres de l’Observatoire du tourisme, le nombre de passagers internationaux ayant transité par les aéroports du Royaume a atteint 9,2 millions de personnes à fin novembre 2007, soit une croissance de 19%. Un tourisme très français, mais imité de plus en plus par l’Espagne et le Royaume Uni. Par ailleurs, les recettes touristiques ont progressé de 12% pour atteindre 59 milliards de dirhams (5,24 milliards d’euros), à la fin de l’année 2007.

La tendance se confirme. Le Maroc est devenu une destination privilégiée pour la clientèle internationale (plus de 80% des touristes). Soleil, plages, sports nautiques, balnéothérapie, chasse, golf, équitation, patrimoine culturel, festivals de musique ; le produit Maroc se renforce et fait des émules parmi les professionnels du secteur.

Le dispositif mis en place par la Vision 2010, stratégie touristique volontariste initiée en 2001 par les autorités marocaines, est passé par là. L’enjeu pour le Maroc ? Parvenir à une capacité d’hébergement total de 230 000 lits (265 000 à l’horizon 2012 dans le cadre du nouveau contrat-programme), grâce à l’émergence de nouveaux pôles touristiques régionaux et la mise à niveau de structures déjà existantes. Le plan Azur, cheville ouvrière de la stratégie touristique nationale, devrait livrer ses premières unités hôtelières l’été prochain à Saïdia, dans la région d’Oujda, l’une des six stations balnéaires développées. Accusant un retard d’un à deux ans, l’ouverture des autres stations est programmée entre 2009 et 2012.

En attendant, Marrakech demeure la capitale économique du pays. Zouhair Mohamed El Aoufir, directeur général d’Atlas Blue, filiale low cost de la Royal Air Maroc, confirme : « 80% de nos vols s’effectuent au départ ou à l’arrivée de Marrakech, en raison du fort engouement pour la ville ces dernières années ». Si la demande reste très forte, notamment au départ de la province française, les vols britanniques et espagnols à destination de Marrakech devraient être revus à la baisse. Destination survendue par les compagnies low cost, concède le directeur d’Atlas Blue.

En revanche, sur le front de l’emploi, le constat est sévère. Si rien n’est fait rapidement, le déficit de personnel dans l’hôtellerie-restauration devrait se faire sentir dès 2009. « La formation, c’est la priorité des priorités », a rappelé Mohamed Boussaid. « On ne pourra pas gagner le pari (...) sans mettre l’accent sur les ressources humaines ». La Vision 2010 prévoyait initialement 72 000 nouveaux lauréats en 2010. Or, depuis 2001, le dispositif national n’en a formé que 23 000. Aujourd’hui, l’objectif a été revu à la baisse : 50 000 lauréats devront être formés d’ici 2012. « Les ressources humaines sont le sujet sur lequel nous avons le moins évolué », confirme Jalil Benabbés-Taarji, directeur général de Tikida Hôtels et ancien président de la FNT. « Le grand challenge aujourd’hui c’est la qualité ». Pour un opérateur, il s’agit également de rendre cette filière attractive socialement. En clair : instaurer des pratiques de management modernes, offrir un salaire correct et des perspectives d’évolution. D’ores et déjà, des pénuries se font sentir à Agadir et Essaouira.

Article publié dans Les Afriques

Par Christelle Marot - Publié dans : Actualité
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