Partager l'article ! Entretien avec Mohamed Ibrahimi, Wali de la région de l’Oriental: Quels sont les principaux changements que connaît la région de l’Orienta ...
Quels sont les principaux changements que connaît la région de l’Oriental ?
Mohamed Ibrahimi : La région connaît des mutations profondes. La dynamique enclenchée en 2003, suite au discours royal, a permis le lancement d’un certain nombre de projets structurants pour
sortir la région de son enclavement. Enclavement qui était l’un des handicaps majeurs de la compétitivité de l’Oriental. La région avait besoin d’être connectée au transport international et
méditerranéen. Ce qui sera prochainement le cas, grâce au projet d’autoroute Fès-Oujda, via la connexion du port de Nador au réseau ferroviaire national, également à travers la construction du
nouvel aéroport d’Oujda et la double voie prévue jusqu’à la nouvelle station internationale de Saïdia, grâce enfin à la réalisation de la séquence de la rocade méditerranéenne Saïdia-Al
Hoceima.
Quels sont les secteurs productifs valorisés ?
Jusqu’à une période récente, l’Oriental était essentiellement basée sur 3 grands secteurs : l’économie minière, qui a
vécu une crise profonde dans les années 90 avec la fermeture de ses sites, un drame pour des villes entières ; l’économie agro-pastorale dans la région des hauts plateaux, qui a également
connu une crise suite à la sécheresse récurrente ; le commerce, une filière qui a rencontré, elle aussi, d’énormes difficultés du fait de la fermeture des frontières et du démantèlement des
tarifs douaniers.
A partir de ce diagnostic, il a fallu construire l’économie de la région, sur de nouveaux
moteurs de croissance. Le premier, en passe de devenir une véritable locomotive, c’est le tourisme. La première station du plan Azur ouvrira ses portes à Saïdia. D’autres grands projets sont à
l’étude, notamment dans la province de Nador. Avec l’ouverture de la rocade méditerranéenne, cela préfigure une vocation de tourisme balnéaire pour la région. Dans le même temps, nous essayons de
développer des niches touristiques, comme le tourisme de désert, le tourisme culturel ou écologique, en particulier dans la région de Figuig.
A côté de cela, nous projetons de lancer plusieurs grands sites industriels dans la région : une zone franche à Nador, un
agropole de 60 000 hectares à Berkane et une technopole à Oujda sur les métiers de services liés au tourisme, à l’équipement électrique et à l’offshoring.
Vous anticipez l’ouverture de la frontière avec
l’Algérie ?
Oui. Si demain la frontière s’ouvre, Oujda peut devenir un site de référence pour la logistique et le transport. Oujda est un bassin de ressources humaines, grâce à son université. Tout cela peut
constituer les ingrédients suffisants pour construire une offre suffisamment compétitive qui peut intéresser les marchés francophone et hispanophone.
La frontière entre le Maroc et l’Algérie est l’une des dernières frontières fermée dans le monde, quasiment sans discontinuer depuis
trente ans (réouverture entre 1988 et 1994). Entre les deux pays, il y a continuité humaine, géographique, nous partageons quelques douars, certaines tribus sont séparées de part et d’autre et
vivent dans la douleur cette fermeture formelle. La fermeture de cette frontière fait du mal aux économies des
régions limitrophes. C’est se priver d’un puissant moteur de croissance. Et puis, il y a les flux de contrebande. Des flux qu’on ne peut pas contrôler. Avec une frontière ouverte, tous ces
flux clandestins pourraient se transformer en flux normaux. Là aussi, il y a sans doute un manque à gagner énorme pour les deux pays.
En termes de sécurité, le Maroc y gagnerait aussi ?
C’est clair. Les frontières ne se contrôlent jamais unilatéralement. Aucune armée au monde ne peut contrôler seule un tracé aussi long. Dans l’Oriental, j’ai en charge plus de 500 kilomètres de
frontières. Gérer chacun de son côté coûte très cher et se révèle moins efficace. D’autant plus que nous sommes confrontés tous deux, le Maroc et l’Algérie, à un ennemi mortel qui est le
terrorisme. Garder la frontière fermée, c’est autant de marge laissée à ceux qui veulent attenter à la stabilité des Etats.
Entretien publié dans Conjoncture (dossier spécial sur la région de l'Oriental).
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Derniers Commentaires