L’Office Chérifien des Phosphates a conclu un partenariat stratégique avec la Banque Centrale Populaire, aux termes duquel la banque
publique entre au capital de l’OCP à hauteur de 5,88%, cédant parallèlement 6,6% à l’Office marocain. A l’affut de capitaux, l’OCP envisage également son introduction en bourse.
Pariant sur le boom des besoins alimentaires de la planète et le développement des agrocarburants, l’OCP poursuit le développement,
malgré la crise, du vaste chantier de Jorf Lasfar, à une centaine de kilomètres au sud de Casablanca. Objectif : faire du site un hub mondial de la chimie des phosphates. Le Maroc détient
près de 50% des réserves mondiales.
Pour ce faire, l’OCP prévoit 15,5 milliards de dirhams (1,4 Mds€) d’investissements propres afin de développer un hub « plug and
play », intégrant les mines de Khouribga et Gantour, deux pipelines reliant les mines à la plateforme industrielle de Jorf, ainsi que l’exploitation d’un nouveau quai portuaire pour
l’exportation directe des phosphates et produits dérivés, libérant le port de Casablanca de près de 40% de son trafic.
La construction du pipeline sur 140 km entre Khourigba et la plateforme de Jorf devrait être achevée en 2012. Son coût est estimé à
plus de 5 milliards de dirhams (448 M€). Le management de l’OCP réfléchit à sa mise en concession-BOT.
Après avoir conclu des accords de joint venture avec le Pakistanais Fauji, le Brésilien Bunge, le Belge Prayon, l’Allemand CFB et les
Indiens Tata et Birla, l’OCP souhaite désormais accueillir des investissements directs étrangers pour la réalisation de cinq autres unités
industrielles d’ici 2015, pour un montant estimé de 25 milliards de dirhams. L’Office affirme avoir reçu 16 manifestations d’intérêt de sociétés, originaires notamment des Etats-Unis, de l’Inde
et de la Turquie, en vue de produire de l’acide phosphorique ou des engrais.
Avec l’envolée des cours du phosphate, l’OCP a doublé son chiffre d’affaires en 2008 à 55 milliards de dirhams (environ 5
Mds€). La croissance des capacités mondiales de production d’engrais phosphatés, en raison notamment de l’entrée en production
du complexe saoudien d’Al Jalamid devrait conduire à une offre excédentaire d’engrais à l’horizon 2011-2012 (rapport sur les tendances du marché mondial des engrais de la FAO), se traduisant par
un nouveau cycle de baisse des prix.
Article publié dans Econostrum
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